À la première indiscrétion ... L’œuvre assassine
Résumé
Il existe des œuvres maîtresses dont le seul désir obscur est de mettre à l’ombre leurs démiurges
fascinés; leur prétention est simple : se repaître des lecteurs bibliophages et des écrivains atterrés.
Il existe des œuvres maîtresses d’une encre indélébile que les tourments du temps n’altèrent pas;
leur passion est primitive : semblables à Médée, elles dévorent de leurs mots de feu les mémoires
poétiques des écrivains voués à l’autodafé. Il existe des écrivains et des lecteurs dont la première
indiscrétion est une infidélité à l’œuvre commune; c’est pourquoi l’œuvre les assassine afin que
l’ « on [puisse] interroger sans fin le mystère du livre. » (A. Maurois, 1961) Il existe enfin une
littérature maghrébine d’expression française qu’Amine Zaoui et Rachid Boudjedra recréent en
contemplation, troublés par les miroirs de la liberté souveraine.