Propriétés du camfranglais et enseignement du français au Cameroun
Résumé
Le camfranglais, de plus en plus appelé mboa, est un parler composite né au lendemain de la
réunification, en 1972, des deux parties anglophone et francophone du Cameroun. Il se
caractérise par un mélange d’anglais, de français, de pidgin, des langues camerounaises et
d’ailleurs. Il se pourrait que ce soit cette synergie de langues qui crée l’adhésion des jeunes, voire
des moins jeunes à ce parler. En effet, le camfranglais ou mboa ne se parle plus seulement dans
les villes de Douala et Yaoundé qui l’ont vu naître. Il s’étend de plus en plus dans d’autres centres
urbains et même en zone anglophone du pays, signe de la viabilité dont il jouit (Piebop, 2016).
Or, il est à relever que la structure de ce parler se singularise par son extrême instabilité, sans
compter qu’il fait une concurrence sans merci au français sur le triangle national. Pour ces
raisons, les linguistes ne sont pas unanimes quant à son expansion. Certains pensent qu’on ne
devrait accorder aucun égard au mboa du fait qu’il éloigne les jeunes du bon usage du français
et parce que de toutes les façons, rien ne peut être tiré de ce parler, du fait de son manque
d’homogénéité. Au même moment, la problématique d’un parler commun à l’heure qu’il est se
pose avec acuité ; et étant donné que le pidgin-english n’est toujours pas consenti pour jouer ce
rôle, l’alternative du camfranglais peut être envisagée. Mais pour ce faire, il faudrait d’abord le
codifier et le normaliser ; deux étapes nécessaires au cours de son chemin vers les cimes. C’est la
raison pour laquelle ce travail se propose d’étoffer davantage la documentation qui existe déjà à
son sujet, en se focalisant sur son mode de fonctionnement, de même que sur une glottopolitique
définissant clairement sa place et ses fonctions au sein du babel linguistique camerounais.

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