Enfance post-traumatique et plaidoyer humaniste Une relecture de Le retour de l’enfant soldat de François d’Assise N’dah
Résumé
La guerre et sa cohorte de manifestations outrageantes plongent le village de Soukoussa dans la
peur, les pleurs et l’horreur. Son bilan est lourd puisque des familles entières sont décimées, des
biens matériels brûlés, des hommes égorgés et des femmes violées. Cette escalade de la barbarie
est pourtant l’apanage des enfants du village et de rebelles venus d’ailleurs pour mettre à mal la
paix qui régnait au village. Mais à bien y voir, l’enfant n’est-il pas en réalité un simple pion dans
l’échiquier de la violence sédimentée par des adultes sans foi ni loi ? Suivant le diptyque
phénotexte-génotexte mis en faisceau par l’approche sociocritique telle que systématisée par
Edmond Cros, la présente contribution se propose de questionner les ressorts d’une barbarie mal
venue à l’heure où le monde entonne en chœur l’hymne du vivre ensemble. Le travail se fait en
deux principales parties qui articulent toutefois trois idées force. Dans la première, on décrypte
les contours que revêt le phénotexte. Elle sonde les causes d’une enfance problématique
caractérisée par la mise de l’enfant au ban de société villageoise. Scrutant l’esthétique de
François N’dah dans son projet de reconstruire une cité non violente, la dernière partie porte sur
le sens que dévoile le génotexte. Forme et sens convergent donc en vue de reconfigurer le tracé
d’un monde nouveau dont les nouveaux paradigmes sont désormais la patrimonialisation de
l’enfant et non plus son instrumentalisation.

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