L’aridoculture et le développement durable

  • Amor HALITIM Département d’Agronomie, Faculté des Sciences Université El-Hadj Lakhder, Batna, Algérie
Keywords: Régions arides, aridoculture, développement durable, contraintes, impact

Abstract

L’aridoculture est certes la pratique dont l’objectif est de répondre aux besoins alimentaires et socioéconomiques de régions arides à ressources hydriques faibles ou fossiles et à écosystèmes fragiles, mais elle constitue souvent un facteur de dégradation du milieu. En effet, qu’elle soit fondée sur une agriculture en sec ou en irrigué, qu’elle traite de l’élevage nomade ou sédentaire, on observe une atteinte aux composantes de base des écosystèmes (sol, eau, plante) dans ces régions, mettant en péril sa durabilité avec des conséquences sur les plans économique (baisse de la productivité des agrosystèmes, du niveau de vie et du pouvoir d’achat) et social (exode rural, paix sociale menacée). Quelques atouts caractérisent ces régions et doivent être valorisés. Tout d’abord, le soleil et le vent qui peuvent être une source d’énergie renouvelable à utiliser en agriculture pour exécuter différentes tâches. Si les régions arides se définissent comme des zones à faibles ressources hydriques, parfois comme c’est le cas d’une partie du Sahara, le sous sol recèle d’immenses réserves hydriques. Des températures élevées et des sols légers propices à la production de primeurs. Des spéculations spécifiques de grande valeur commerciale comme la phoeniculture ou de grande endurance comme le dromadaire. Des agrosystèmes (les oasis) biens adaptés et valorisant au mieux les facteurs écologiques et de production et dont l’impact n’est pas seulement agricole. Une richesse floristique d’une grande valeur sur les plans agronomique, environnemental et médical. Un attrait touristique certain. Un savoir faire et des capacités d’adaptation des populations locales, pour gérer les terres arides et supporter les rudes conditions de vie. Différents programmes de développement ont été mis en oeuvre dans ces régions aussi bien pour améliorer la production agricole que pour protéger l’environnement, mais force est de constater que les objectifs assignés à ces programmes n’ont pas toujours été atteints parce qu’ils n’avaient pas de fondements scientifiques et techniques suffisants, n’avaient pas prise avec les réalités du terrain, n’avaient pas associé les populations concernées et parce que le problème était d’une trop grande ampleur et exige des actions intersectorielles et une interdisciplinarité. Une volonté politique est donc interpellée ici plus qu’ailleurs, à travers la concrétisation d’un plan de développement à long terme de ces régions où l’agriculture est certes le secteur focal mais doit être accompagné d’autres secteurs, l’hydraulique, l’industrie, la recherche, le tourisme, les transports, les travaux publics, l’artisanat etc.., dans le cadre d’une gestion intégrée de l’espace. Cette stratégie de développement durable doit être élaborée à la lumière des spécificités, des atouts, des contraintes des régions arides, mais aussi à la lumière des expériences et des changements à l’échelle mondiale.

Published
2018-09-19