Marks of Africanness in Kamel Daoud’s Meursault contre-enquête Collective Memory in Question
Résumé
L’africanité se définit comme un ensemble de caractéristiques culturelles, historiques et sociales propres aux peuples africains. Dans le contexte postcolonial, elle se manifeste fortement dans la littérature maghrébine, notamment à travers la mémoire collective, l’oralité et les traditions locales. Meursault, contre-enquêtede Kamel Daoud incarne cette dynamique en offrant une réécriture de L’Étranger de Camus, où la voix du frère de la victime arabe, jusque-là anonyme, est réhabilitée. Le roman devient ainsi un acte de réappropriation identitaire et historique, dénonçant l’effacement des colonisés dans les récits dominants. L’étude menée adopte une approche qualitative, fondée sur l’analyse textuelle et l’interprétation thématique du roman. Elle s’intéresse à la présence de l’oralité, à la transmission de la mémoire collective et aux références culturelles nord-africaines. En mobilisant des théories postcoloniales, l’analyse montre comment Kamel Daoud inscrit une perspective africaine dans son récit. L’écriture devient alors un moyen de résistance, de préservation de la mémoire et d’affirmation identitaire. Dans Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud s’oppose à l’oubli et à l’indifférence présents dans L’Étranger de Camus. En réécrivant l’histoire du meurtre de l’Arabe, il redonne une voix à Moussa, figure effacée par le récit colonial. Le roman valorise l’oralité et la mémoire collective, éléments essentiels de l’africanité, inscrivant le récit dans une tradition postcoloniale plus large. À travers une langue française hybridée et des lieux symboliques comme la ville, la mer ou le cimetière, Daoud interroge l’héritage colonial et affirme une identité africaine enracinée dans la mémoire. L’étude met en avant l’africanité comme clé d’interprétation du roman, en s’appuyant sur la mémoire, la tradition orale et la culture nord-africaine. Enfin, elle ouvre des pistes de recherche sur le rôle de l’espace comme porteur de mémoire et de sens postcolonial dans la construction de l’identité africaine
Références
CAMUS, A. (1942). L’Étranger. Gallimard.
DAOUD, K. (2014). Meursault, contre-enquête. Actes Sud.
ÉTUDES littéraires africaines. (s.d.). Persée. https://www.persee.fr/collection/etaf
MBEMBE, A. (2000). De la postcolonie: Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine. Karthala.
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RICARD, A. (1995). L’oralité africaine. Karthala.
SARTRE, J.-P. (1948).Situations II. Paris : Gallimard.
YOURCENAR, M. (1982). « Carnets de notes de “Mémoires d’Hadrien” », dans Œuvres romanesques. Paris : Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade ».